Les Amis de la Truffe et du Terroir de Provence
Nous avons crée ce blog pour vous donner des informations "connues" du monde secret de la truffe noire" tuber melanosporum", particulièrement dans le Vaucluse. Nous sommes ,parfois, de petits propriétaires terriens de tous horizons professionnels ou non, ayant tenté l'aventure de la trufficulture Nous ne tirons aucun profit de la truffe si ce n'est le plaisir de la faire connaitre, découvrir, de la promouvoir,de la partager et déguster avec des fins gourmets et gourmands.
vendredi 27 janvier 2012
dimanche 22 janvier 2012
Epreuve de photographe Amateur: Noir et Jaune
Publié par
Les Amis de la Truffe Noire
à l'adresse
09:43
La Truffe Noire Mélanosporum étreint les oeufs, s'en enveloppe, grésille dans la poêle et explose en saveurs dans nos papilles enivrées
Gourmandise de truffes, Passion Photo!
samedi 21 janvier 2012
Nouvelle de JEAN PIERRE CHABANNE: Effluves de truffes noires (1)
Publié par
Les Amis de la Truffe Noire
à l'adresse
10:31
"Puisque nous sommes dans l'«odorant», comment ne pas parler de la truffe ? !
Pline en parlait déjà en son temps.
Il la disait aphrodisiaque, mais je crois vraiment qu’il était simplement travaillé par sa vessie et le sexe.
Ce
"diamant noir fils de la foudre" (qui coûte cher et pas seulement aux
touristes) justifie-t-il sa valeur marchande ? Mauvaise question. Votre
ancienne danseuse du Crazy Horse vaut-elle le train de vie qu'elle vous
impose ? Aragon aima-t-il plus Elsa Triolet, que Musset ou Chopin
aimèrent George Sand ou que Verlaine aima Rimbaud ?... La
passion pour une chose ne se toise pas. Certains se déclarent
résolument amoureux avec un petit 37o5, d'autres prononcent les mêmes
mots d'amour avec un gros 40°9! Pourtant, il n'existe pas, que je sache,
de thermomètres médicaux pour fièvres amoureuses. Je crains d'ailleurs
que cela ne vienne. Avec des graduations progressives du style : "petit
faible", "un certain penchant", "amourette débutante", "éveil des sens",
"feu couvant", "léger embrasement", "début d'émotion", "concupiscence
déclarée", "perte du sens
commun", "sensualité de braise", "luxure débridée", "Erotomonomanie
éperdue", "volcan bouillonnant", enfin, "paroxysme rageur avec frénésie
délirante, folie aveugle et inscription au Parti socialiste».
La
truffe vaut simplement le prix du plaisir que son parfum vous donne.
Pour le fisc, cette odeur est essentielle puisque c'est absolument tout
ce que le Trésor Public en retirera dans la colonne de ses "recettes".
Les vendeurs de truffes sont des sortes de mutants bourrus, casquette
vissée sur la tête, l'œil noir sous des sourcils épais, les mains
calleuses.
Quand
ils viennent au marché, ils ont leur coin réservé et restent là, les
mains dans les poches, la tête baissée, dessinant, du bout de leur
chaussure ferrée, des dessins étranges sur le sol. Ils se rassemblent à
partir de 9 heures, dès le mois de novembre jusqu'en février, chaque
vendredi, sur ce trottoir précis et pas un autre. Ce doit être un choix
délibéré, certainement quelque chose comme une terre franche exempte de
droits de transactions depuis les Papes. Un "Duty free pavement", comme
nous dirions Outre-Manche.
à suivre
vendredi 20 janvier 2012
Nouvelle de JEAN PIERRE CHABANNE :Effluves de truffes noires (2)
Publié par
Les Amis de la Truffe Noire
à l'adresse
00:00
Ils
sont là, silencieux et visiblement pessimistes sur leur sort. Ils
attendent. On leur viendrait volontiers en aide tant ils ont l'air
pauvre. Le vendeur de truffes se recrute parmi les membres les plus
moroses de la famille. La mine joviale et heureuse est très mal vue.
Elle pourrait laisser supposer que vous avez fait de bonnes affaires, ce
qui est faux. L'air misérable et farouche est donc de rigueur. Un rien
de laisser-aller ajoute une note bienvenue. Le clan chétif des
gratte-terre parle peu, voire pas du tout. Il existe un interprète en
grognements pour les touristes de passage. On reconnaît cet initié à ce
qu'il a une sacoche au côté et enregistre les cours apparents et les
quelques transactions ridicules en volumes, d'un crayon rageur qu'il
mouille à la bouche.
On hume,
on gratte de l'ongle du pouce, d'une main, on se chuchote des mots
codés sans bouger les lèvres. Quand la transaction a abouti, le vendeur
émet son grognement particulier et ses paupières tombent. Le marché est
passé. Quand vous voyez passer des liasses de billets, c'est une erreur.
Certainement un acheteur parisien inconscient venu de l'extérieur et
qui aura pensé que cela pouvait dérider l'atmosphère de ce souk rural et
qu'il allait pouvoir acheter rapidement les quelques dizaines de kilos
qui lui seraient utiles. Le malheureux !
Il peut
agiter ses liasses d'argent repassées de frais autant qu'il le voudra,
ce ne sont pas ces pauvres hères qui s'y intéresseront.
Ils ne savent même pas lire.
D'ailleurs, ils ne vivent que de troc.
Les
grognements peuvent se faire agressifs si l’on approche trop, car le
gueux dérangé dans sa misère peut devenir méchant. Sur le coup de midi,
après quelques achats locaux par des gens comme vous et moi, les groupes
se séparent, avec la mine déconfite de gens qui ne savent pas ce qu'ils
vont manger. Après une halte de diversion à des comptoirs de bar où ils
boivent quelques pastis pour oublier leur condition, je sais qu’en
réalité ils se retrouvent dans des recoins d’arrière-cours, ou en rase
campagne, pour échanger des boites à biscuits de Louis d'or contre des
sacs de voyage Vuitton de 200 litres contenant chacun autant de kilos de
truffes brossées, magnifiquement propres, ramassées la veille par les
enfants revenant de l'école. Destination : les gros marchés du Périgord.
Ils échangent alors, derrière des buissons, leurs guenilles contre des
complets-vestons
en mohair et soie de chez Cardin, chaussent leurs bottes Hermès, se
démaquillent, se recoiffent et repartent, les échanges faits, dans leur
break de chasse Aston-Martin vers de grosses fermes isolées dans des
bois impénétrables, comme la forêt de Sherwood, peuplés de chênes au
pied noir de truffes.
A suivre 3 et 4 .....
A suivre 3 et 4 .....
jeudi 19 janvier 2012
Nouvelle: JEAN PIERRE CHABANNE. Effluves de truffes noires (3)
Publié par
Les Amis de la Truffe Noire
à l'adresse
00:04
Il
va sans dire que je plaisante.
Il n'y a plus de truffes en Provence et les rares tubercules que l'on trouve sont numérotés et estampillés par le Ministère. Ces truffes reçoivent chacune un nom et un parrain, puis sont photographiées de face et de profil.
Il n'y a plus de truffes en Provence et les rares tubercules que l'on trouve sont numérotés et estampillés par le Ministère. Ces truffes reçoivent chacune un nom et un parrain, puis sont photographiées de face et de profil.
D’ailleurs, remarquez-le, le Vaucluse est peuplé de pauvres. C'est dommage pour un si joli pays.
Le
Comtat ex-papal produit les 2/3 de la truffe de France et le Périgord
(producteur de 15 % de la truffe française) en commercialise les 2/3.
C’est une arithmétique élastique déroutante typiquement méridionale.
Si,
en vous promenant dans les bois de Provence, vous trouvez des truffes,
en creusant dans ces ronds "brûlés" sans végétation, qui vous les
signaleront, au pied des arbres, surtout ne les ramassez pas. C'est
interdit. Enterrez-les là où vous les avez trouvées après les avoir
senties. En effet, comme vous avez pu le comprendre, tout cela est très
réglementé... Méfiez-vous de la truffe blanche italienne ou, pire,
chinoise. Ouverte d'un coup de votre canif (que vous devez toujours
avoir sur vous), la vraie truffe de Provence que vous venez d'acheter,
doit être aussi noire que possible à l'intérieur avec quelques veinules
blanches sans plus, selon le mois de l'année. Si ce n'est pas le cas,
rendez-la au vendeur, même après l'avoir ouverte, et servez-vous de
votre canif pour vous défendre en cas de réaction violente.
A suivre
A suivre
mercredi 18 janvier 2012
Nouvelle de JEAN PIERRE CHABANNE: Effluves de truffes noires.( Suite et fin)
Publié par
Les Amis de la Truffe Noire
à l'adresse
09:38
Dernière partie de ce succulent article que vous allez déguster cette fin de semaine. Nous remercions l'auteur .
Il existe une «messe des truffes» en Provence (la plus divinement parfumée !), dans le Tricastin, à Richerenches, un joli village vauclusien à la limite de la Drôme. Pour la Saint-Antoine, patron des trufficulteurs, les fidèles se rassemblent dans l'église du village, pour la messe, le premier dimanche qui suit le 14 janvier.
Il existe une «messe des truffes» en Provence (la plus divinement parfumée !), dans le Tricastin, à Richerenches, un joli village vauclusien à la limite de la Drôme. Pour la Saint-Antoine, patron des trufficulteurs, les fidèles se rassemblent dans l'église du village, pour la messe, le premier dimanche qui suit le 14 janvier.
La
Commanderie du «Diamant noir» défile dans son bel habit de pourpre (en
Provence, il y a toujours une confrérie par produit et on aime beaucoup
se déguiser), suivie par une forte odeur de truffes qui ne trompe pas.
Ce
jour-là, la quête permet, à tous ceux qui le veulent et le peuvent, de
donner, en guise d'obole, une (ou des) truffe(s) dans le panier du bon
curé du village. A la sortie, on pèse le produit de la quête et on les
lui paie sur le champ au cours le plus élevé de l'année, charité oblige !
On lui en garde aussi quelques-unes pour son omelette dominicale...
D’ailleurs, les curés provençaux ont les soutanes qui sentent toujours la truffe en hiver.
Moi, j’achète les truffes avec mon nez et il me trompe rarement. Le jour où il me trompera, je m'en séparerai.
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